Qui sont les 3 grands fournisseurs de cloud ?

AWS, Azure et Google Cloud concentrent à eux trois près des deux tiers des dépenses mondiales d’infrastructure cloud. Les parts de marché estimées par Synergy Research Group en 2026 placent AWS autour de 28 %, Azure à 20 % et Google Cloud à 15 %. Derrière ces chiffres, les architectures, les modèles de facturation et les stratégies d’intégration divergent suffisamment pour qu’un choix mal calibré coûte cher sur plusieurs années.

Modèles de pricing cloud : où se cachent les écarts réels entre AWS, Azure et GCP

La grille tarifaire d’un hyperscaler ne se résume pas au prix unitaire d’une VM. Nous observons que les différences les plus significatives se situent sur trois axes : l’egress networking, les engagements de réservation et la facturation du stockage objet.

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AWS facture la bande passante sortante par paliers dégressifs, avec un premier gigaoctet gratuit puis un tarif qui reste supérieur à celui de GCP sur les volumes intermédiaires. Azure applique un modèle similaire mais propose des tarifs préférentiels aux entreprises déjà engagées sur des contrats Microsoft Enterprise Agreement. Google Cloud a historiquement positionné ses prix d’egress légèrement en dessous de ses concurrents, ce qui devient un avantage tangible pour les workloads à forte sortie de données (CDN, API publiques, distribution vidéo).

Sur les instances réservées, AWS propose des Reserved Instances et des Savings Plans sur un ou trois ans. Azure utilise un mécanisme comparable avec ses Reserved VM Instances. GCP se distingue par ses Committed Use Discounts appliqués automatiquement au niveau du projet, sans nécessiter de sélection manuelle d’instance type. Cette mécanique simplifie la gestion FinOps mais réduit la granularité du contrôle.

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Directrice informatique comparant les trois grands fournisseurs de cloud dans une salle de serveurs professionnelle

Intégration native et lock-in : AWS, Azure et Google Cloud ne jouent pas le même jeu

Le choix d’un fournisseur cloud ne repose pas uniquement sur le catalogue de services. L’intégration avec l’écosystème existant d’une entreprise pèse autant, sinon plus.

Azure bénéficie d’un avantage structurel massif auprès des organisations déjà ancrées dans l’écosystème Microsoft. Active Directory, Microsoft 365, Dynamics 365 et Power Platform forment un continuum qui réduit la friction d’adoption. Pour une DSI dont le parc applicatif repose sur .NET et SQL Server, Azure reste le chemin de moindre résistance vers le cloud.

AWS mise sur la profondeur de son catalogue. Avec plus de 200 services managés, la plateforme couvre des cas d’usage que les deux autres n’adressent pas toujours nativement : IoT industriel (AWS IoT Greengrass), bases de données spécialisées (DynamoDB, Neptune, Timestream) ou encore services de calcul edge (Wavelength). Cette largeur de catalogue crée un lock-in progressif : plus les équipes adoptent de services propriétaires, plus la migration devient coûteuse.

Google Cloud se positionne différemment. Son avance se concentre sur les données et l’analytique. BigQuery, Vertex AI et les TPU (Tensor Processing Units) attirent les équipes data et machine learning. Nous recommandons de considérer GCP en priorité lorsque le cœur de valeur d’un projet repose sur l’entraînement de modèles ou le traitement analytique à grande échelle.

Souveraineté des données et résidence cloud en Europe

La souveraineté numérique est devenue un critère de sélection à part entière, en particulier pour les entreprises européennes soumises au RGPD ou opérant dans des secteurs réglementés (santé, finance, défense).

Les trois hyperscalers américains sont soumis au CLOUD Act, ce qui signifie qu’une autorité américaine peut théoriquement exiger l’accès à des données hébergées sur un datacenter européen. Pour contourner cette contrainte, chacun a développé des offres de résidence locale :

  • AWS propose des régions dédiées (Paris, Francfort, Stockholm) et a noué des partenariats avec des opérateurs locaux pour des offres souveraines.
  • Azure collabore avec des acteurs comme Bleu (coentreprise Capgemini-Orange en France) pour proposer un cloud Microsoft opéré sous juridiction française.
  • Google Cloud a lancé des partenariats similaires, notamment avec T-Systems en Allemagne et Thales en France, pour offrir des clouds de confiance opérés par un tiers européen.

Ces offres souveraines restent plus limitées en termes de services disponibles par rapport aux régions standard. L’arbitrage porte donc sur le niveau de conformité requis face à la richesse fonctionnelle.

Équipe de professionnels en réunion pour choisir entre les grands fournisseurs de services cloud

Parts de marché cloud en 2026 : ce que la croissance de Google Cloud révèle

Les dépenses mondiales d’infrastructure cloud ont atteint environ 143,4 milliards de dollars au deuxième trimestre 2026, selon les estimations Synergy Research Group. Cette accélération des dépenses profite inégalement aux trois acteurs.

Google Cloud affiche la croissance la plus rapide des trois, portée par la demande en services d’intelligence artificielle et en analytique. AWS conserve la première place en valeur absolue, mais sa part relative recule de quelques points sur un an. Azure reste stable, soutenu par la base installée Microsoft et les migrations de workloads Windows Server.

Ce rééquilibrage progressif ne remet pas en cause la domination du trio. Aucun challenger (IBM Cloud, Oracle Cloud Infrastructure, Alibaba Cloud) ne dépasse individuellement les 5 % de part de marché mondiale. La concentration reste forte.

Critères de choix selon le profil d’entreprise

Plutôt que de dresser un comparatif ligne par ligne, nous identifions les scénarios où chaque fournisseur cloud prend un avantage structurel :

  • Entreprise déjà engagée sur Microsoft 365 et Active Directory : Azure réduit le coût de migration et simplifie la gestion des identités.
  • Startup ou scale-up centrée data/ML avec des besoins en analytique temps réel : GCP offre un rapport performance/coût favorable sur BigQuery et les TPU.
  • Organisation avec des besoins multi-services très diversifiés (IoT, edge, bases spécialisées) : la profondeur du catalogue AWS évite de recourir à des tiers.
  • Entreprise européenne soumise à des contraintes de souveraineté strictes : évaluer les offres cloud de confiance avant de s’engager sur une région standard d’un hyperscaler américain.

Le marché du cloud public en 2026 reste un oligopole structuré autour de trois acteurs aux philosophies distinctes. Le choix entre AWS, Azure et Google Cloud dépend moins d’un classement généraliste que d’un alignement précis entre l’architecture cible, les compétences internes et les contraintes réglementaires propres à chaque organisation.

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